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 Historique de l'Hypnose

  2. L'Hypnose et l'histoire

 

  Faisons les choses dans l'ordre et commençons par l'historique.

 

 Toute communication profondément Humaine étant à base d’Hypnose, on peut considérer que l’Hypnose est aussi ancienne que le fait de communiquer.

 

  Premières traces d’Hypnose

 

  Il semblerait que les Sumériens pratiquaient déjà l’accompagnement par la parole, il y a plus de 4000 ans.

 

  Le plus vieil écrit évoquant les pratiques d’Hypnose date de plus de 3000 ans. Cette première description d'une séance "d’Hypnose" a été retrouvée sur une stèle découverte en Egypte en 1972. Cette stèle, datant de l’époque de Ramsès II, indique que le pharaon utilisait les techniques hypnotiques pour motiver ses soldats avant de partir au combat.

 

 Grèce, Socrate et le "terpnos logos" : Il se décrivait lui-même comme "accoucheur d’âmes". Un de ses contemporains, Antiphon d’Athènes, annonçait qu’il avait le pouvoir de "guérir avec les mots". Un peu partout dans le monde, on retrouve des coutumes et des rituels qui présentent des éléments de l’Hypnose.

 

  1529, Paracelse, médecin et alchimiste Suisse, livre les premières données scientifiques sur le "Magnétisme Animal", tel que l'appellera plus tard Mesmer.

 

  1750, le père Johann Joseph Gassner est reconnu comme le précurseur de la thérapie, avec son exorcimus probativus.

 

  1766, Franz Anton Mesmer, médecin Allemand, inspiré par Paracelse, développe le "Magnétisme Animal". Mesmer pense alors qu’à la manière du magnétisme minéral (aimants), il pourrait extirper les maladies du corps de la personne. Il positionne donc des aimants sur le corps de ses patients et provoque ainsi des sortes de crises qui amènent la guérison. Il en conclut à l’existence d’un fluide qui aurait la propriété de revitaliser les personnes. Le magnétiseur récolterait ce fluide qu’il redistribuerait. Les pratiques de Mesmer attirent les foules, mais ses agissements provoquent tant de scandales et de controverses, que le roi Louis XVI décide de nommer une commission d’enquête pour analyser scientifiquement ce phénomène. Sur la base de cette étude, l’Hypnose est alors interdite.

 

 1784, Chastenet de Puységur, disciple de Mesmer, découvre la transe somnambulique en magnétisant un berger. L’Abbé de Faria, moine portugais, célèbre pour son apparition dans le Comte de Monte-Cristo, donne ses démonstrations dans tout Paris et pose les premiers fondements de ce qui deviendra "l’École de Nancy", en insistant sur la prépondérance de la suggestion. Ainsi né le "sommeil lucide", qui deviendra l'Hypnose.

 

 1824, quarante ans plus tard, Deleuze codifie la pratique du magnétisme de Mesmer et le propulse au premier rang des thérapies de l’époque. Partout en Europe, dans les cours royales et impériales, on soigne par Mesmérisme.

 

 1837, le rapport Husson réhabilite le "magnétisme" de Mesmer. Toutefois, il ne sera pas publié, par crainte du ridicule.

 

 1841, James Braid, chirurgien Ecossais, découvre les techniques du Magnétisme Animal au cours d'une démonstration du magnétiseur Français Lafontaine. Il posera alors les bases scientifiques de ce qu’il nommera : "Hypnose", en 1843. L’Hypnose est née, et James Braid crée alors la notion de monoïdéisme : selon lui, la transe hypnotique survient lorsque le patient est concentré sur une seule et unique idée.

 

  A la même période : John Elliotson, professeur de Chirurgie, introduit l’utilisation de l’Hypnose en hôpital, dans le cadre des anesthésies. Pendant ce temps, aux États-Unis se créée la "Société du Magnétisme".

 

 1866, Ambroise-Auguste Liébault, médecin de campagne et Hypnothérapeute, convainc le professeur Hippolyte Bernheim de l’importance de l’Hypnose et en particulier de la suggestion verbale. C’est le début de l’École de Nancy.

 

 1878, Jean-Martin Charcot, Neurologue, ayant découvert l'Hypnose lors d'un spectacle, fonde l’École de la Salpêtrière.

 

 1885, Sigmund Freud, âgé de 29 ans, effectue un stage à la Salpêtrière pendant quatre mois, auprès de Charcot. Il se convainc lui aussi de la réalité de l’Hypnose lors d'un spectacle, et fonde sa compréhension, révolutionnaire pour l'époque, des processus psychiques (notion d'Inconscient). Il achèvera sa formation en Hypnose à Nancy avec Bernheim, en 1889, mais ne maîtrisera jamais vraiment les techniques hypnotiques, qu’il abandonnera (à l’époque trop autoritaires, et ne correspondant plus à ses recherches).

 

 1889, se tient à Paris (Hôtel Dieu) le 1er Congrès International de l'Hypnotisme expérimental et thérapeutique, avec la participation des plus grands noms de l'époque : Liébault, Bernheim, Charcot, Janet (le père de la Psychologie clinique), Richet, Freud, Babinski, William James (père de la Psychologie américaine).

 

 1891, en Russie, Tokarski, connu pour ses travaux sur la mémoire, inaugure le premier "Cours d’Hypnose et de Psychologie physiologique" à l’université de Moscou. Un peu plus tard, Ivan Petrovitch Pavlov, à travers son étude du système nerveux supérieur, élabore sa théorie de l’Hypnose.

 

  En France, le professeur Bernheim donne naissance au terme "Psychothérapie" qui désigne sa méthode basée sur la suggestion hypnotique.

 

 1900, en France, Émile Coué, pharmacien Nancéen, après avoir appris les techniques de l’Hypnose auprès de Liébault, répand sa célèbre "Méthode Coué" dans le monde entier.

 

  1919, l’Hypnose est passée de "mode".

 

  En France, Pierre Janet poursuit seul ses travaux, et découvre le phénomène de la régression.

 

  A la même période, Bykov, élève de Pavlov, jette les bases de la médecine psychosomatique et démontre que toute une série d’affections (comme l’ulcère à l’estomac, l’hypertension artérielle, l’asthme…) peuvent avoir des causes psychiques.

 

  1957, en Russie, Platonov analyse l’importance considérable des mots chez les sujets en état hypnotique, comme en état ordinaire de conscience. Une expérience montre notamment qu’il est possible d’accélérer la coagulation du sang et la cicatrisation d’une plaie ouverte, chez un sujet en transe hypnotique, au son d’un métronome. Ensuite, le seul son du métronome - en état ordinaire de conscience - suffit à faire coaguler le sang. Plus tard, on constate que le mot « métronome » produit le même effet ! Le cerveau humain est donc capable de se servir d’abstraction pour modifier son équilibre.

 

 Avec Velvoski et Nikolaïev, Platonov met aussi au point la méthode d’accouchement dite "psychoprophylactique" (sans douleur). Et pendant ce temps, Schultz élabore en Allemagne son fameux "Training Autogène".

 

 Aux États-Unis, les travaux de Milton Hyland Erickson, psychiatre américain né en 1901, bouleversent les conceptions de l’Hypnose et de la Thérapie en général. Bateson, Watzlawick, Weakland et Haley, membres de la fameuse École de Palo Alto, le considèrent comme le "père de la Communication moderne".

 

  L’Hypnose Ericksonienne est née (1937) et va grandir grâce aux élèves d’Erickson, tels que Jay Haley, Jeffrey Zeig ou Ernest Lawrence Rossi.

 

  La pratique de Milton Erickson sera également aux origines de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) de Richard Bandler et John Grinder, dans le milieu des années 1970.

 

  1979, Daniel Araoz, Sexologue et Hypnothérapeute, baptise cette forme de travail hypnotique : "Nouvelle Hypnose". A la même époque, des gens comme les docteurs Malarewicz et Godin, et Alain Cayrol, avec l’appui de Jeffrey Zeig, Richard Bandler et John Grinder, importent cette "Nouvelle Hypnose" en France.